19/02/2006

Le logement rend les pauvres inégaux

 

Le logement est facteur d'inégalités au sein même de la population des pauvres.
L'accès à la propriété: une piste qui mettrait tout le monde sur pied d'égalité.

Les pauvres - soit tous ceux qui disposent d'un revenu inférieur au seuil de risque de pauvreté - ne sont pas égaux face au logement. C'est ce qui ressort d'une étude réalisée par l'Institut pour un développement durable (IDD).

Un même (faible) revenu peut en effet produire un niveau de vie différent selon le type de charges liées au logement. Globalement, les ménages les plus pauvres consacrent 16 pc de leurs revenus disponibles au logement (loyer ou emprunt hypothécaire). Un chiffre qui peut être perçu comme relativement bas mais qui s'explique parce qu'une majorité de ménages pauvres - environ 60 pc - sont propriétaires de leur logement, en particulier les plus âgés.

Logement social

Reste qu'en chiffres réels, la moitié des pauvres, une fois payé leur loyer ou remboursé leur emprunt hypothécaire, doivent se débrouiller avec moins de 500 €/mois par unité de consommation. Les ménages âgés qui sont propriétaires et n'ont plus d'emprunt hypothécaire à rembourser peuvent logiquement consacrer tous leurs revenus à d'autres besoins.

Sans même considérer les possibilités d'accès, le logement social ne semble pas plus de nature à induire plus d'égalité. Les ménages qui bénéficient d'un logement social ont un loyer d'environ 90 €/mois inférieur au loyer moyen du secteur locatif privé, ils conservent donc aussi un pouvoir d'achat plus important que celui de ceux qui louent sur le marché privé.

De nombreux pauvres rencontrent aussi des problèmes dans leur logement ou dans son environnement immédiat. Les 5 problèmes (ressentis) les plus fréquents sont: la mauvaise isolation acoustique (20 pc), le vandalisme ou la criminalité dans la région (17 pc), les bruits extérieurs (18 pc), les bruits des voisins (16 pc), le manque d'espace dans le logement (14 pc). Ici aussi il y a de grandes inégalités entre les pauvres : les locataires déclarent rencontrer plus de problèmes que les propriétaires; c'est vrai aussi entre locataires sociaux et locataires privés (cf. tableau). Des données qui inquiètent l'IDD car de nombreuses études tendent à créditer la thèse d'une corrélation entre santé mentale et environnement. Ces quelques observations montrent qu'il ne s'agit pas uniquement d'alléger la charge logement des plus pauvres et de sortir les personnes de la pauvreté, il faut aussi réduire les inégalités en bas de l'échelle des revenus, estime l'IDD. La mise au point de politiques devrait tenir compte des différents critères mis en évidence dans cette étude: propriétaire/locataire, jeune/âgé, logement social/logement privé, critères qui mettent en évidence des publics différents en matière de logement. «Il paraît évident qu'en matière de lutte contre la pauvreté, on ne peut pas mettre tout le monde dans le même sac. Certaines mesures linéaires - comme la liaison des allocations au bien-être - sont évidemment bienvenues mais elles ne sont pas de nature à réduire les inégalités. Les différences entre petits pensionnés locataires et propriétaires continueront à persister», observe Philippe Defeyt, économiste à l'IDD. «Parmi les idées avancées ces derniers temps en matière de loyers, la situation quelque peu meilleure des pauvres propriétaires indique que favoriser l'accès à la propriété peut être une mesure déterminante, par exemple.»

© La Libre Belgique 2006

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15/02/2006

Nouveaux logements pour l'AIS

 

Serge Van Bergen quittera
la présidence de l'AIS
le 24 février prochain.
Il a tenu cependant à démontrer la bonne gestion de l'Agence immobilière sociale.
Et entend continuer son action dans le secteur.

Après la tourmente de la Carolo qui a entraîné le retrait de ses compétences d'échevin, Serge Van Bergen a tenu à démontrer que, malgré ses ennuis judiciaires, il avait mené «en bon père de famille» la gestion de l'Agence immobilière sociale de Charleroi. En fin de mandat, l'échevin sans attributions cédera la présidence à son successeur à l'échevinat du Logement Marc Parmentier.

Pour tirer le bilan de ces dernières années, les gestionnaires de l'AIS ont convié la presse dans trois de leurs derniers chantiers en projets ou en cours de finition.

Et force est de constater que le travail accompli est impressionnant, notamment à la rue Biernaux, à Jumet. L'immeuble insalubre qui défigurait l'environnement jusqu'il y a peu a fait place à un bâtiment moderne, propre, aux finitions soignées.

Très prochainement, cinq ménages pourront y poser leurs valises. Pour un certain temps en tout cas: «Il s'agit d'un logement de transition. Les personnes qui y emménageront seront suivies par des assistants sociaux qui les encourageront notamment à s'inscrire sur les listes pour obtenir un logement social», explique Serge Van Bergen.

Le montant des travaux s'élève à 124000 euros financés sur fonds propres ainsi que grâce aux subsides wallons et à une participation de la Ville. Rue du Roton à la Broucheterre, c'est un appartement unifamilial qui est en cours de finition.

«Voyez, notre initiative fait effet boule de neige. Juste à côté, un propriétaire privé vient d'entamer la rénovation de sa façade», indique le président sortant.

Au total, l'AIS gère 140 logements appartenant à la Ville, à des propriétaires privés ou à des associations. Son patrimoine immobilier comprend pour sa part 5 bâtiments, un patrimoine «qui nous permet d'obtenir des crédits auprès des banques. Qui plus est, l'AIS est également la seule agence immobilière sociale à octroyer des prêts aux personnes en difficulté, dans le cadre du fonds de garantie locative», commente encore Serge Van Bergen qui, après 30 ans de présence dans le secteur du logement, entend continuer son action dans les années à venir.

© La Libre Belgique 2006

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